
« Carnes tollendas » : ‘’point de viande’’, expression latine médiévale comprise comme une consigne pour le temps de Carême. Pour nous, ni souci écologique, ni régime végétarien : plutôt une sobriété assumée durant les quarante jours qui précédent la Pâque.
Une sobriété librement assumée. Et en complément, deux autres pratiques suggérées : la prière et l’aumône. Voilà les trois comportements classiques consignés dans l’Évangile. Mais les pratiquer avec quelle motivation ?
Aujourd’hui l’Église nous propose un Carême cherchant une hygiène intégrale : personnelle mais aussi sociale. Un jeûne qui nous fait fraterniser avec le Christ de la Passion. Une aumône que Jésus nous réclame par le cri de nos frères dans le dénuement. Puis la prière, sorte de respiration spirituelle au rythme du souffle de l’Esprit et… de nos agendas pléthoriques.
Faut-il alors affronter ces semaines comme une corvée de plus ? Ne serait-ce pas plutôt l’occasion de tenir compagnie à Jésus, errant au désert durant des semaines et de soutenir nos frères souffrants de la porte d’à côté ?
L’occasion peut être aussi de mettre au pas des faux bonheurs ? de desserrer des liens et des addictions de toutes sortes qui érodent notre liberté ? de suturer des déchirures dans notre tissu familial ?…
Un Carême pris comme un sentier quelque peu escarpé certes, qui culminera d’abord au sommet de la colline pascale et puis dans le Cénacle joyeux, avec le Christ vivant.
P. Luis
